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Sécurité Sociale : On supprime toujours plus d’emplois - salariés sous pression, assurés pénalisés

Par UF - 27/09/2011

Telle une machine à remonter le temps, les "gestionnaires" de la Sécurité sociale ont "réussi" le tour de force de faire en sorte qu’en 2011, les effectifs, toutes branches confondues soient revenus au niveau de 1976, à peu près 156.000 agents en Contrat è Durée Indéterminée !

- Pas étonnant dans ces conditions que les personnels des CPAM, des CAF, des CARSAT, des URSSAF n’arrivent plus à assurer leur travail dans des conditions "acceptables", n’arrivent plus à accomplir leur mission dans le cadre d’un service public digne de ce nom.
- Pas étonnant dans ces conditions que de nombreux salariés subissent des pressions sur leur lieu de travail et que de plus en plus d’entre eux ressentent une souffrance au travail.

L’avenir ne porte pas à l’optimisme puisque les COG des différentes branches se suivent et se ressemblent. Elles n’ont pour objectif principal qu’une réduction des budgets (tout le reste n’est que « blabla » pour justifier cette rigueur budgétaire) et donc une réduction des effectifs.

Les pouvoirs publics se fichent éperdument des salariés de la Sécurité sociale (tout comme ils se fichent totalement des agents de la fonction publique) et tout autant des citoyens.

Dans la branche Maladie :

La COG 2010–2013 prévoit 3950 suppressions de poste (5% des effectifs) qui s’ajoutent aux suppressions de ces dernières années (610 entre 2005 et 2009). Les fusions ont entraîné désorganisation des services et surcharge de travail. La réduction des accueils de proximité est une priorité de la Caisse Nationale (Val de Marne, Nord, Seine Maritime en sont quelques exemples)

De nombreux organismes vendent le patrimoine et ferment des centres (Val d’Oise, Paris…)

La branche maladie restructure les centres informatiques. Certains centres sont menacés de fermeture et de nombreux sites changeront de mission. Mobilité fonctionnelle et mobilité géographique sont à l’ordre du jour et la CNAM refuse de garantir le maintien de l’emploi sur place.

Les établissements des UGECAM subissent de plein fouet la politique de restriction des soins menée par le gouvernement et les ARS. Coupes budgétaires, suppressions de postes, fermetures d’établissements ou de services avec plan social à la clé, licenciements et départs volontaires prennent de l’ampleur. Ces salariés sont peu ou pas remplacés, ou alors par des personnels précaires (contrats aidés) ainsi que par le recours à la polyvalence forcée. Pour les établissements concernés le travail en sous-effectifs et sous tension augmente les risques d’erreur et porte atteinte à la qualité du service rendu aux usagers.

Dans la branche Famille :

Les 2000 postes "accordés" pour la prise en charge du RSA vont être progressivement repris. Véritable aberration puisque toutes les CAF croulent sous les dossiers et que le personnel ne peut plus faire face à ses missions depuis plusieurs années déjà. Avec la prise en charge du RSA en juin 2009, les CAF ont été confrontées à une augmentation de la charge de travail avec des moyens insuffisants, comme en témoigne un rapport de l’IGAS. Leur situation ne fait qu’empirer depuis.

Résultats aujourd’hui :

==> pour le personnel des organismes :
- Des délais de traitement et des stocks de pièces à traiter qui augmentent et qui dégradent les conditions de travail,
- Des recours à des heures supplémentaires,
- Des recours à des employés d’autres services pour aider les services « prestations ». Ces services amputés ne peuvent plus alors remplir leur mission,
- De plus en plus d’incivilités à l’accueil.

==> pour les allocataires :
- Les attentes aux guichets pour les allocataires sont devenues presque partout une règle.
- Les dossiers non traités entraînent des retards de paiement pour des personnes qui, souvent, en ont le plus grand besoin (notamment en ce qui concerne les minima sociaux).

Dans la branche Recouvrement :

La régionalisation est engagée ; on passera de 105 à 22 URSSAF (les actuels URSSAF départementales deviendront « agences locales ».

Entre les réorganisations permanentes et les suppressions de postes (probablement plus de 600 liées à la régionalisation), le personnel est mis sous pression et reste en sous-effectif.

Dans la branche Vieillesse :

750 suppressions d’emplois sont prévues dans la branche retraite d’ici 2013 .

La CNAV prétend défendre les agences retraite mais certaines agences ferment, comme en Île-de-France où 1/3 doivent fermer d’ici 4 ans.

La très libérale Cour des Comptes en rajoute :

« Même s’ils ne représentent que 3 % des dépenses totales, les coûts de gestion administrative du régime général qui atteignent 10 milliards d’euros constituent un poste à fort enjeu ». Ce que les hauts fonctionnaires de la Cour ne disent pas, c’est que ces frais de gestion ne concernent pas que les salaires des personnels, qu’ils ont baissé de près de 8% depuis 2005, que dans les organismes ce sont de 15 à 20% d’emplois en moins au service des usagers ces dernières années… et que dans les organismes privés (mutuelles, assurances,… ) les coûts de gestion dépassent très largement ceux de la Sécurité Sociale (de 8 à 15% selon les entreprises).

SUD réclame l’arrêt des suppressions de postes

SUD réclame la fin des restructurations, fusions

SUD réclame des embauches en nombre suffisant pour exercer nos missions de service public

- SUD Protection Sociale -