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Santé, retraites... Les solidarités en danger !

Par UF - 11/05/2008

Depuis 1 an de sarkozysme, nous subissons une politique accentuée (sans complexe !) de démantèlement de la protection sociale, du droit du travail, de casse de l’Education nationale et des services publics.

Et ça va continuer !

Ils appellent "réforme" la destruction de toutes les protections que les salariés ont arrachées de longue lutte, pour en revenir au libéralisme du 19ème siècle !
-  la "réforme" de l’assurance chômage, qui réduit les droits des chômeurs, n’est pas une attaque isolée : une loi sur la "modernisation" du marché du travail, actuellement examinée au Sénat, contient des reculs gravissimes qui détruisent encore plus les protections des salariés, chômeurs et précaires
-  une "réforme" des retraites qui allonge la vie active sans donner les moyens de faire respecter le droit au travail pour les "seniors", ni pour les autres.
-  une "réforme" de l’Etat, sous couvert de « modernisation de la fonction publique », qui s’attaque à la notion même de gestion publique des biens collectifs (hôpitaux, éducation, universités et recherche... livrés aux intérêts privés)
-  la "réforme" du système de santé par la « responsabilisation » des malades s’appuie sur la culpabilisation des soit-disant « consommateurs » de soins, et les contraint, en fait, à effectuer des soins trop tardivement. L’hospitalisation devient alors la seule alternative, dans un contexte de démantèlement du service public hospitalier. Est ce ainsi qu’on entend garantir le droit à la santé pour tous ? Est-ce ainsi que l’on « fait des économies » ?

Ils veulent « sortir de 1945, et défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance » comme l’écrit Kessler, penseur du MEDEF !

Est-il normal de rallonger la vie au travail des salariés au motif qu’il n’est plus possible de payer les retraites, quand le pays est beaucoup plus riche qu’à l’époque où, ruiné par la guerre, il mettait en place la Sécu ?

...mais aussi :

EST-IL JUSTE d’instaurer un système de santé à plusieurs vitesses ?
EST-IL JUSTE que les plus démunis aient de moins en moins accès à la justice ?
EST-IL JUSTE que l’on sacrifie la formation et l’ouverture d’esprit de nos enfants ?
EST-IL JUSTE que l’on vende des services publics qui nous appartiennent ?
EST-IL JUSTE que l’on détruise le Code du Travail en laissant les salariés sans recours ?
EST-IL JUSTE de faire des cadeaux fiscaux aux riches avec des taxes en plus pour les autres ?

Retraites :

Une nouvelle augmentation de la durée de cotisation ne pourrait qu’entraîner une nouvelle baisse du niveau des pensions quand plus de six salariés sur dix sont hors emploi au moment de faire valoir leur droit à la retraite. Une telle mesure toucherait notamment les salariés en situation précaires, aux carrières heurtées, en particulier les femmes. De plus, alors que les conditions de travail se dégradent, que la souffrance au travail se développe, il ne faut pas travailler plus, mais moins !

Cette nouvelle mesure s’inscrit dans une perspective de dégradation permanente des droits à la retraite puisqu’il est prévu que les deux tiers des gains d’espérance de vie à 60 ans soient transformés en allongement de la durée de cotisation. Le Medef a d’ailleurs annoncé la couleur puisqu’il veut porter celle-ci à 45 ans et faire passer à 62 ans l’âge de départ à la retraite.
SUD Protection Sociale appelle les salariés de la protection sociale à participer à la mobilisation du 22 mai

Les copains d’abord
C’est le "2 poids - 2 mesures" qui domine dans la politique gouvernementale.
D’un côté, pour les "amis", c’est : cadeaux fiscaux de 15 milliards d’euros, cadeaux sur les cotisations patronales, promesse de ne plus poursuivre les délits économiques des patrons, suppression de l’impôt sur la Bourse et sur les exonérations sur les stock-options...
Pour tous ceux-là, il n’y a pas de déficit public, de "trou" de la Sécu. L’Etat peut donner des milliards.
Mais pour les autres, c’est « travailler plus, plus longtemps, pour gagner rien »

Santé

Franchises médicales, fermeture d’hôpitaux, mise en place des Agences Régionales de Santé, déremboursements... :
Nous avons affaire à un gouvernement qui a un objectif stratégique (marchandiser le système de santé et d’assurance maladie) et une tactique : avancer sur plusieurs fronts : hôpital, gouvernance, financement, organisation du système de soins
...avec une 1ère échéance en octobre lors du PLFSS et une seconde au 1er semestre sur la répartition entre régime général et complémentaires ainsi que l’annonce la ministre de la santé :« le gouvernement mène une réflexion sur la prise en charge des soins par l’assurance maladie qui pourrait déboucher sur une loi au premier semestre 2009, ce texte pourrait définir les soins qui relèvent de l’assurance maladie et ceux qui relèvent de la responsabilité individuelle ».

Le passage de la 1ère vague des nouvelles réformes pourra s’appuyer sur un consensus sur certains aspects (maisons de santé, régionalisation...), ce qui facilitera le passage à l’assurance privée d’un segment important de l’assurance maladie, d’où le décalage dans le temps.
Face à cette offensive , dont l’objectif ultime n’est rien moins que la remise en cause du principe de solidarité au profit d’un principe de responsabilité (voir les déclarations de Sarkozy candidat), face à la politique actuelle qui met clairement les citoyens et les moyens publics au service du profit, en se débarrassant de tout ce et ceux qui ne « servent à rien » dans cette logique (dont les malades, les handicapés, les personnes âgées... pour commencer), face à cette attaque sur tous les fronts, la défense et la riposte doivent y être aussi. Sinon on se fait laminer...

Nous ne voulons pas d’un système, à l’américaine : 47 millions d’habitants des Etats Unis n’ont pas de couverture sociale, les très pauvres recourent à l’assistance, ceux qui en ont les moyens doivent payer des assurances privées. Les dépenses de santé y sont les plus élevées au monde (15,3% du PIB) pour des résultats parmi les plus médiocres des pays les plus riches.

Nous ne voulons pas des franchises et des forfaits médicaux qui font chaque jour la preuve qu’elles sont un obstacle aux soins.

Derrière les belles paroles : des objectifs moins nobles !

La justification des franchises - encore confirmée par le président Sarkozy - était le financement des plans « Alzheimer » et « Cancer » et des soins palliatifs.
Or, la presse vient de révéler qu’aucune ligne de recette spécifique provenant de l’assurance-maladie n’a été attribuée dans le budget de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie qui devait recevoir ces fonds au titre du plan Alzheimer.

Après avoir lancé récemment des « ballons d’essai » sur le déremboursement total des frais optiques et dentaires, le gouvernement, non content de piocher avec les franchises dans la poche des malades, à 100% pour les malades atteints de maladie grave (Affection de Longue Durée). Cela commencerait par le diabète envisage aujourd’hui la restriction des remboursements et les maladies cardio-vasculaires, qui ne seraient dorénavant remboursées à 100 % du tarif de la Sécu qu’au stade de complications avérées.

L’accès aux soins pour tous et toutes doit être garanti dans le cadre de la sécurité sociale !

Une véritable politique de santé, pour être efficace, commence par la prévention, en articulation avec une politique sociale qui agisse sur les conditions de vie et de travail, et sur l’environnement, permet l’accès aux soins pour tous, selon le principe de solidarité entre bien-portants et malades, et entre les générations, en s’appuyant sur un service public de qualité.

Régler le « déficit » de la Sécu, c’est possible
Le rapport de la cour des comptes est sans appel. Une cotisation sur les stock-options rapporterait 3 milliards d’euros. Les exonérations de cotisations patronales coûtent 30 milliards d’euros. Les bas salaires, la crise de l’emploi sont au coeur du déficit. C’est à ces fléaux qu’il faut s’attaquer. Alors, le « déficit » de 10 milliards d’euros ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Le 16 mai, dans toute la France, à l’initiative du « collectif national contre les franchises et pour l’accès aux soins pour tous » et avec les personnels des CPAM, se dérouleront des initiatives pour aller à la rencontre des assurés sociaux.

SUD Protection Sociale, membre du collectif nationale contre les franchises, appelle les salariés de la Protection Sociale à participer nombreux à ces actions devant les CPAM

- SUD Protection Sociale -