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TOUTES ET TOUS CONCERNÉ·E·S !

Par Sud Basse Normandie - 21/01/2020
En grève le 24 janvier 2020 - Tract SUD / CGT

Les femmes : grandes perdantes

L’activité professionnelle croissante des femmes depuis les années 1960 a fortement contribué au financement des retraites. L’écart de pensions entre les femmes et les hommes reste très important. Tous régimes confondus, il est de 42 % pour les pensions. Les femmes sont contraintes de partir en moyenne plus tard à la retraite que les hommes, elles subissent plus souvent la décote du fait de carrières trop courtes. Leur pension, trop faible, est plus souvent rehaussée par un dispositif de minimum de pension.
En dépit de la communication du gouvernement qui prétend que le nouveau système serait avantageux pour les femmes, la réalité est tout autre. Dans un régime par points, la pension doit refléter au plus près la somme des cotisations versées au long de la vie active. C’est une logique d’individualisation. En prenant en compte toute la carrière au lieu des vingt-cinq meilleures années pour le régime général, un tel régime ne peut que faire baisser le niveau des pensions pour de nombreux et nombreuses salarié·e·s, et pour toutes les personnes aux carrières heurtées, en premier lieu les femmes. Il intègre en effet les plus mauvaises années dans le calcul de la pension, alors qu’elles en sont actuellement exclues. Chaque période non travaillée, à temps partiel, en congé parental, au chômage, ou mal rémunérée, fournit peu ou pas de points : autant de manque à gagner pour la pension. L’exemple des régimes par points Agirc et Arrco est significatif : l’écart de pension entre femmes et hommes y est respectivement de 59 % et 39 %, alors qu’il est de 24 % au régime général par annuités ! Et suppression des majorations par enfant.

Les jeunes aussi :

L’allongement des durées de cotisation exigées pénalise directement les jeunes. Pour les générations nées après 1972, il faudra cotiser 43 ans pour prétendre à une retraite à taux plein, et travailler jusqu’à 70 ans à l’horizon 2037. Quand, du fait de l’allongement de la durée des études, de l’augmentation du chômage et de la précarité des débuts de carrière, l’âge moyen du premier emploi stable est de 28 ans, valider ses 43 annuités de cotisations devient mission impossible.
Ajoutons que le report de l’âge légal de départ en retraite contraint nombre de seniors à rester en poste, ce qui limite les possibilités de recrutement et augmente le chômage des jeunes. La réforme des retraites ne fera qu’amplifier ce phénomène. Sommés de faire des études toujours plus longues sans aucune certitude de trouver un emploi stable à l’issue, et premiers à supporter l’impact de la réforme, les jeunes générations seront sacrifiées. Sans prise en compte des années d’études ni financement supplémentaire pour faire face au papy-boom, la réforme des retraites de Macron se traduira par un décrochage du niveau des futures pensions encore plus sévère pour les salariés diplômés.
Autant demander aux jeunes générations de choisir entre faire des études ou partir tôt à la retraite ! Alternative pour le moins singulière à l’heure de la révolution digitale et totalement contre-productive dans un pays qui a besoin d’élever le niveau des qualifications pour répondre aux défis technologiques, industriels, sociétaux et économiques de demain.

La réforme derrière la réforme.

La publication du projet de loi portant réforme des retraites contient des dispositions sur l’organisation du futur régime. Au-delà des règles sur l’attribution des droits, ce texte aborde l’évolution de la gestion des organismes à travers notamment trois dispositions qui porte sur les risques professionnels et les établissements de gestion du futur régime de retraite.
Le texte institue dès 2020 une Caisse nationale de retraite universelle qui s’appuiera sur « un réseau d’établissements ne disposant pas de la personnalité morale ». La suppression des Carsat sera effective dès le 1er juillet 2022. Le dispositif projeté est révélateur : Il est envisagé de créer un établissement public national à caractère administratif, qualifiée de "Caisse nationale de sécurité sociale". Il n’est pas envisagé de s’appuyer sur un réseau d’organismes de sécurité sociale, organismes de droit privé chargés d’une mission de service public. Les établissements locaux n’auront pas de Conseil d’administration et ne seront pas l’employeur des salariés, lequel sera la Caisse nationale. Si cette mesure devait être conservée, elle marquerait un réel changement avec les modalités actuelles de gestion. La gestion serait aux seules mains du gouvernement en place.
Le gouvernement se donne la possibilité, dans un délai de 18 mois après publication de la loi, d’organiser par voie d’ordonnance la gestion des risques professionnels au niveau local. Nulle indication n’est donnée sur la forme que pourrait prendre cette organisation.

Macron est en passe de concrétiser le vœu du MEDEF de voir disparaître la sécu de 1945 qui reste, malgré toutes les attaques qu’elle a subies depuis de nombreuses années, le meilleur système de sécurité sociale au monde.

Manifestation 24 janvier

- 14h30 Place St Pierre à Caen
- 17h30 porte horloge à Vire
- 10h30 place F Mitterrand à Lisieux

Téléchargez le tract SUD-CGT :

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